Le Prince épousa la Belle,
Qui vécut avec lui fort longtemps,
Et dans un bonheur parfait,
Parce qu’il était fondé sur la vertu.
Jeanne-Marie Leprince de Beaumont – La Belle et la Bête
Ainsi se terminent nos contes.
Nos héros ont connu mille aventures et méritent bien de jouir d’une félicité éternelle.
Quand on sort de l’enfance, quand on découvre le doux nectar de la rébellion, cette fin nous laisse sur notre faim.
Ce bonheur parfait fondé sur la vertu m’a toujours fait quelque peu grincer des dents.
Heureux un jour, heureux toujours ? Vraiment ?
Grisélidis/Griselda[1] est un des « Contes de la mère L’Oye » de Charles Perrault, un classique de la littérature jeunesse, comportant entre autres la Belle au bois dormant, la Barbe-Bleue, le Chat botté, Cendrillon, le Petit Poucet, les Fées ou Riquet à la houppe. Ces textes sont en prose, contrairement à Grisélidis et à Peau d’Âne qui sont en vers.
La particularité de ce conte est de commencer là où finissent tous les autres. Je crois que c’est cela qui a fait sa renommée.
Le Prince a marié la bergère, et après ?
C’est donc l’histoire d’une épouse modèle (la bergère) ou plutôt, #metoo étant passé par là, d’un modèle d’épouse que l’on ne doit surtout pas prendre comme modèle.
[1] Chez Charles Perrault, le prénom de la fille est Grisélidis, mais chez d’autres, notamment les auteurs italiens, Griselda
